Un patrimoine utile

Richesse et diversité
Fonctions

Richesse et diversité

Les zones humides des bassins hydrographiques de l’île de Beauté englobent une grande diversité de milieux : des pozzines aux lagunes littorales en passant par les forêts-galeries de bords de cours d’eau, les espaces tourbeux de Moltifao, les petits estuaires des fleuves de Corse et les mares temporaires méditéranéennes, ...

Certaines sont reconnues d’importance majeure au niveau national voire international comme les Tre Padule de Suartone, tandis qu’un nombre important de zones humides, de taille plus modeste, présentent un intérêt patrimonial limité tout en assurant des fonctions essentielles à l’échelon de leur bassin versant.

Dans le cadre des SDAGE, adoptés en 1996, une typologie des zones humides a été proposée par le Muséum National d’Histoire Naturelle. Elle prend en compte les facteurs dominants liés aux caractéristiques chimiques de l’eau (salée, douce, saumâtre) et au régime hydrologique (eau courante, eau stagnante, durée d’inondation).

Au total, 13 grands types de zones humides ont été identifiés en France déclinés en 28 sous-types pour les SAGE dans lesquels se retrouvent les zones humides du bassin de Corse.

Les deux premiers types (1 - Grands estuaires ; 2 - Baies et estuaires moyens plats) concernent les zones humides de la façade atlantique, et ne concernent qu’un nombre limité d’espaces en Corse.



Fonctions

Par leurs caractéristiques et leurs fonctionnements écologiques, les zones humides assurent de nombreuses fonctions hydrologiques, biologiques qui coïncident avec des besoins de mise en sécurité de l’homme et de la biodiversité (zone tampon entre les eaux souterraines et les eaux de surface, zone épanchement des crues, habitats d’espèces à valeurs économiques pour l’homme, ressource énergétique et grenier alimentaire en période de sécheresse) justifiant alors la mise en place de mesures de protection et de gestion pour préserver toutes ces potentialités à l’origine de nombreux services rendus à la collectivité.

Chaque milieu humide possède un fonctionnement qui lui est propre. Des travaux comme ceux entrepris dans le cadre du Programme National de Recherche sur les Zones Humides ont démontré que de par la complexité des processus écologiques qui régissent ces écosystèmes, en lien avec la construction des sols, l’organisation des espèces entre elles sur ceux-ci et leur relation avec l’eau : les zones humides doivent dans de nombreux cas être aujourd’hui acceptées, aussi, comme infrastructures naturelles dépendantes de l’eau et favorable à l’homme.

Ainsi, si aujourd’hui chaque zone humide est unique de par son fonctionnement et de par les facteurs humains et naturels qui conditionnent son évolution : toutes les zones humides ont trois fonctions principales communes.


Contribution à la qualité des eaux


Roselière
Roselière
Photo Agence de l’eau

Elles améliorent la qualité de l’eau en agissant comme filtre épurateur. Elles favorisent le piégeage, la neutralisation, voir la transformation et l’absorption d’éléments comme les matières en suspension, les nitrates ou encore certains toxiques ou certains métaux lourds, grâce aux espèces végétales et animales qu'elles abritent.

Captage en zones humides
Captage en zones humides
Photo Agence de l’eau – E. Parent











En matière d’application dans le génie civil : relevons qu’aujourd’hui sous le terme technique anglo-saxon de "wetlands systems" (marais artificiel) des dispositifs d‘épuration par la végétation sont développés et optimisés afin de répondre aux besoins de l’agriculture, de l’assainissement de collectivités ainsi que dans l’industrie pour répondre à des besoins de plus en plus ciblés. Globalement ces dispositifs appliquent et concentrent des processus complexes de dégradation et de filtration existant de façon naturelle dans les zones humides.

De ce concept est née la réflexion sur les Infrastructures Humides Artificielles qui représentent une alternative permettant d’éviter un rejet direct à un cours d’eau ou un plan d’eau suite à une épuration classique, à une expansion de crue en zone densément occupée par l’homme ou encore à une infiltration vers les eaux souterraines au travers d’ « espaces humides artificiels ». De tels dispositifs ne demandent pas d’ouvrages de génie civil lourds, mais permettent à la biodiversité autochtone de se développer et ainsi contribuer à la reconquête hydraulique et biologique de petits espaces dans notre cadre de vie urbain et périurbain.


Contribution à la régulation de la ressource en eau


Marais de bas fond en tête de bassin
Marais de bas fond en tête de bassin
Photo Agence de l’eau – E. Parent

Certaines zones humides possèdent par ailleurs une capacité de stockage de l’eau et à la restituer ensuite, plus progressivement.

Ces milieux jouent donc un rôle majeur dans l’écrêtement des crues mais peuvent aussi contribuer au soutien d’étiage des cours d’eau dans certaines conditions.

Elles sont d’ailleurs souvent comparées à des éponges.
En matière d’application dans le génie civil : relevons qu’aujourd’hui dans le cadre de la politique de maîtrise du risque d’inondation, avec l’approche hydraulique des vallées alluviales se développent des aménagements destinés à recevoir les eaux d’inondation. Dans le cas de crues annuelles par exemple, certains espaces redeviennent alors des zones humides avec cette fonction identifiée d’écrêtement de crues. Si ces casiers d’inondation sont réaménagés sur des zones d’activités humaines, il est justifié de parler dans certains cas d’une nécessaire reconquête de zones humides : zones humides au sens de la loi sur l’eau de 1992 à partir du moment où le sol* présente des traces d’engorgement ou/et une végétation inféodée à ces milieux* viendrait y trouver refuge de façon durable (*comme défini par les arrêtés du 24 juin 2008 et du 1° octobre 2009 précisant les critères de délimitation de zones humides).


Réservoirs biologiques fondamentaux pour le maintien des hydrosystèmes


Drosera rotundifolia
Drosera rotundifolia
Photo A. Gauthier
Pinguicula corsica
Pinguicula corsica
Photo A. Gauthier

De nombreuses espèces végétales et animales sont inféodées aux zones humides qui abritent plus de 30 % des plantes remarquables et menacées en France, de nombreux oiseaux migrateurs, batraciens, insectes etc.

Elles assurent à la fois des fonctions d’alimentation, de reproduction pour certains poissons ou oiseaux d’eau, d’abri et de protection.

Par exemple, les milieux annexes des cours d'eau jouent le rôle d’abri pour de nombreuses espèces piscicoles lors des crues ou des pollutions accidentelles.

La protection des zones humides identifiées comme réservoir biologique est le premier pas vers la reconquête des zones humides altérées voir détruites.


Pour des usages


pêcheur
Photo Marc BONNETAIN

Enfin, en plus des fonctions évoquées ci-dessus dont l’homme bénéficie, elles sont le support de nombreuses activités humaines économiques (production de poissons, de sel, ...) mais aussi récréatives (chasse, pêche...) ou de loisirs.

 

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Dernière modification de la page : 24/11/15